41e anniversaire de la disparition de Fadhma Ath Mansour Amrouche

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        Une mémoire  toujours exilée

 Elle est partie digne, en laissant des empreintes lumineuses sur le sable de l’Histoire. Son nom continue toujours de se confondre intimement avec une passion immodérée pour la tradition orale kabyle, un courage au féminin et une tolérance humanisante. Elle, c’est Fadma Ath Mansour Amrouche, première romancière algérienne d’expression française. Quarante et un ans se sont déjà écoulés, jour pour jour, depuis sa disparition, en exil français, en juillet 1967.

Au crépuscule de sa vie, Fadhma, présumée née en 1882 à Tizi Hibel et de confession chrétienne, a choisi contre la muselière les mots pour dire ses maux, en léguant à la postérité un joyau littéraire : Histoire de ma vie. Un roman autobiographique qui sonne comme un pied de nez à une vie peuplée de peines et de privations. Elle y narre tantôt avec passion, tantôt avec amertume, une enfant maltraitée par le sort, une jeune fille rejetée par sa belle-famille d’Ighil Ali en Basse Kabylie, pour avoir été une renégate et, ultime supplice, une vie d’exilée en terre tunisienne.

Symbole de la Mater Dolorosa, cette femme qui avait résisté vaillamment aux vents assimilationnistes, ne pensait qu’à sa Kabylie natale et à ses aïeux. Le déchirement de l’exil n’a pas eu raison d’elle. « J’étais restée la Kabyle. Jamais, malgré les quarante ans passés en Tunisie…je n’ai pu me lier intimement ni avec les Français ni avec les Arabes. Je suis restée l’éternelle exilée, celle qui ne s’est jamais sentie chez elle nulle part », raconta-t-elle. En outre, la mère de l’illustre poète, Jean El Mouhoub Amrouche, et de l”écrivaine, MargueritteTaos Amrouche, a contribué à la sauvegarde d’anciens poèmes et proverbes kabyles, légués à ses deux enfants.

Aujourd’hui, plus que jamais, la question de la réappropriation de la mémoire de Fadhma et de ses enfants se pose de manière urgente. « Puisse l’Algérie libre ne plus prêter l’oreille aux diviseurs hypocrites qui voudraient faire de tout un tabou et de tout être un intouchable. Et qu’on ne vienne pas me dire Fadhma était une chrétienne ! Une vraie patrie se doit d’être jalouse de ses enfants, et d’abord de ceux qui, toujours exilé n’ont jamais cessé de vivre pour elle », notait avec une subtile justesse Kateb Yacine, dans la préface d’Histoire de ma vie.Consacrer les Amrouche au Panthéon de la mémoire est un acte de justice à rendre dans l’urgence pour exhumer cette mémoire exilée.

                            Par Hocine Lamriben

NB.  un article publié sur El Watan le mercredi 09 juillet 2008

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